Philippines

Cebu, Palawan et Manila

A la différence de Bali, je ne vais pas écrire un article sur “comment se préparer pour un voyage dans les Philippines” car moi-même, je ne m’y suis pas très bien préparée. En fait, Aurélie et moi sommes si peu préparées pour ce voyage que je pense que ça l’a un peu gâché.

En effet, pour être honnête, nous ne faisons pas grand chose sur les trois semaines de notre séjour. Après il faut savoir que les Philippines comptent quelques 7 641 îles, ce qui laisse présager qu’il faut plus de logistique.
 Donc je pourrais faire l’article “comment se préparer pour un voyage dans les Philippines” en deux mots : à l’avance.

Mais ce n’est pas ma façon de voyager, désormais je suis plutôt du genre :

  1. que faire autour de ce lieu ? 
  2. je lis sur internet des idées
  3. je réserve un endroit où dormir
  4. j’arrive et je regarde ce qu’il y a à faire
  5. je fais

Répéter ces actions.

Pour couronner le tout, je suis tombée malade pendant une bonne semaine.

Puisque nous avons trois semaines, on décide de faire une semaine – une île, à savoir Cebu, Palawan et Manila. Celles dont vous avez peut-être déjà entendu parler.

Sur le chemin des chutes de Kawasan, photo prise par Aurélie et améliorée par moi, avec le lien du blog d’Aurélie par ici.

Pour ne pas perturber les bonnes habitudes, si votre but est de voyager en étant le plus possible conscient des risques environnementaux et sociétaux, je me dois de partager quelques infos.

Après comme ça, j’avoue que je dépeins un sale portrait. Mais nous voyons de fabuleuses choses ! C’est bucolique (c’est censé être un pont avec la prochaine section).

Cebu

L’attitude du chat résume notre séjour

Je l’ai déjà mentionné dans l’article “se préparer pour un voyage à Bali”, mais je considère cela de première importance. C’est souvent LA raison pour laquelle un grand nombre de personnes va à Cebu, alors ce doit être dit; je vais être longue alors armez-vous de patience.

Si on reprend ma façon de m’organiser pour un voyage, disons que j’en suis à l’étape 2, je lis quoi faire. La chose qui revient tout le temps c’est “plonger avec les requin-baleines à Oslob”, ce qui sonne comme une douce mélodie à mes oreilles. Malheureusement, je continue ma lecture plus en profondeur, car je commence à comprendre le schéma du traitement de la nature.

Je vous demande une chose : NE plongez PAS avec les requin-baleines à Oslob. Comme je sais que de simples mots ne suffisent pas (à raison, je vous l’accorde), laissez-moi expliquer pourquoi.

Le tourisme est un moteur très important, que ce soit dans les Philippines ou en Indonésie. Pour cette raison, le tourisme de masse est encouragé. Si Bali a le Mont Batur (non, je ne vais pas le lâcher celui-là), Cebu a Oslob.

En cliquant sur requin-baleine dans cette même phrase, je vous invite à aller sur la page Wikipédia, rien que pour voir à quoi ils ressemblent, ils sont sublimes. Le plus grand des requins, inoffensif, c’est une espèce menacée (pause optimiste : une chance sur deux avec les grands animaux de toute façon). Les Philippines ont la chance d’être un terrain de migration pour cet animal marin.

Pour pouvoir plonger avec, quelques règles : rester à au moins un mètre, interdiction de les toucher. De simples règles pour un peu d’éthique. J’aime.

Attention, l’argent arrive : les règles foutent le camp.
 Ce qui suit vient d’une conversation que nous avons avec un Allemand, fier plongeur à Oslob. Apparemment, nous sommes idiotes de rater une telle occasion de prendre un selfie avec ces requins, maintenant qui allons-nous pouvoir impressionner en rentrant à la maison ?

Les migrations c’est bien, les posséder, c’est mieux. Donc pour s’assurer que monsieur touriste puisse avoir son divin cliché, les animaux sont nourris. De la nourriture aussi facile a pour effet que les requins ne migrent plus pour rechercher de la nourriture, ce qui est pourtant essentiel pour leur reproduction. Comme mon ami wiki nous l’apprend, leur cycle de reproduction est lent. Ce qui engendre, en toute logique, une grosse diminution de la population. Aurait-on perdu le contrôle à force de trop vouloir contrôler ?

Comme si ça ne suffisait pas, notre fier touriste nous apprend que les centres de plongée prennent les requinets (bébé requin, c’est un néologisme de moi mais ce que je dis est sérieux) de leurs mères pour les mettre dans “d’immenses enclos” (c’est mieux que l’océan lui-même j’imagine, car cet homme est très heureux de relater ce fait). Les bateaux suivent frénétiquement les animaux, provoquant blessures et stress inutiles.

Rappelez-vous de cette règle “pas toucher”. Le bonheur du touriste signifie plus d’argent (le fameux bouche à oreille), donc certains centres invitent en fait les plongeurs à s’approcher le plus possible des requins, même de les toucher. Sans l’invitation, certains touristes le font de toute façon et une fois sous l’eau, les contrôler devient assez compliqué.

Le meilleur argument de Monsieur fier détenteur du selfie-qui-tue est “tout le monde le fait, pourquoi pas moi ?”. Irréfutable. Enfin, mon article est-il à propos de lui ? J’ai entendu cet argument à l’infini pour diverses raisons alors soyons clairs : ce n’est pas un argument.

Pour être franche, je suis choquée qu’un Européen, soi-disant plus “avancé” en terme de bien-être animal, puisse participer à ces immondes activités. Je réalise encore plus que ces problèmes sont loin d’être résolus, alors c’est une raison de plus pour faire quelque chose.
 Une action aussi “simple” (je l’accorde, ne pas plonger avec un requin baleine est une grande action à mon avis) change les choses, si on se passe le mot.

Nous essayons de trouver un endroit qui semble plus éthique sur les îles que nous visitons, mais peu semblent exister donc l’idée est abandonnée, à notre grand regret.

Allez, ne soyons pas pessimistes, Cebu a d’autres trésors à offrir ! A condition de vouloir laisser votre porte-monnaie se faire tâter (on avait dit stop au pessimisme…).

C’est pour moi l’un des plus gros défaut de ce pays, peu importe ce que l’on veut faire, il faudra payer. Une petite visite de cascade ? Paie et prend un guide (t’as pas le choix) : “Quoi, un chemin pavé et sécurisé ? Non, tu pourrais glisser accidentellement et mourir, qui sait”.

Ceux qui aiment la liberté seront un peu déçus.

Ceci dit, nous trouvons tout de même une magnifique cascade pour 57,5 pesos philippins (1€) avec le parking, Inambakan, d’un bleu si bleu que même le bleu ne semble plus bleu (c’est dû aux minéraux contenus dans l’eau). Pas très touristique, on peut même s’y baigner SANS gilet de sauvetage. Youhou !

Inambakan, photo prise par Aurélie
Cascade de Inambakan, prise par Aurélie

Nous allons à la cascade la plus connue (pour 45 pesos soit 0,80€), car si elle est connue c’est forcément pour une raison, non ? Je vous présente Kawasan. Le chemin pour s’y rendre est magnifique, on peut même faire trempette mais alors la cascade principale est tellement peuplée qu’y rester plus de 37 secondes est insupportable. En plus, alors que j’essaie de me baigner, je me fais siffler car il est obligatoire de louer un gilet de sauvetage. Ce que je peux comprendre, car il y a tellement de monde qu’il serait impossible que les sauveteurs aient un œil sur tout le monde. 

La foule de Kawasan, prise par Aurélie

Mais, la meilleure chose que l’on y fait est le canyoning à Alegria (l’influence espagnole est assez évidente quant aux noms des lieux)! Pour 1 500 PHP (26€), nous passons une journée formidable dans de sublimes canyons, dans cette eau turquoise à sauter des cascades et glisser dans des ravins. Aurélie combat sa peur, ce qui est franchement admirable et cool à assister. Le personnel est aussi présent mais sans être intrusif. Je pense même me découvrir une nouvelle passion.

Un autre endroit à voir, c’est Moalboal dont l’entrée coûte 5 PHP (0,08€…), une plage au sable blanc et fin et cocotiers, visitée aussi par les locaux (pas seulement une plage à touristes comme celles à Bali). Mais surtout, le snorkelling y est fabuleux. Nous passons plus de deux heures sous l’eau, enfin je crois, le temps passe si vite que je ne pourrais pas vraiment dire. L’unique raison qui fait que nous retournons sur la terre ferme est à cause de la douleur produite par les masques.

Plage de Moalboal, prise par Aurélie

Ceci dit, le snorkelling n’est pas optimal sur toute l’île, par exemple à notre guesthouse, il y a tellement de mini-méduses partout que le simple fait de pénétrer dans l’eau procure picotements et désagréments. Toutefois, les couchers de soleil sont toujours sublimes alors ça console de tout.

Mais du fait que la moindre activité soit payante, c’est tout ce que nous faisons pendant notre semaine, outre nous reposer. Avec un peu plus de préparation, je suis sûre que Cebu a bien plus à offrir, surtout en rapport avec la nature.

Palawan

Tout est dit

Sur l’île de Palawan, la ville principale est Puerto Princesa. La ville est assez vide de toute activité ou intérêt touristique. Les mêmes activités vont revenir et notamment une : the Underground River ou la rivière souterraine, venant de rejoindre les sept nouvelles merveilles du monde, rien que ça. Enfin, nous n’y allons pas, à cause des critiques que nous lisons qui disent qu’il faut attendre un temps ridiculement long (entre 2 et 4 heures) pour pouvoir s’asseoir dans un bateau pour entrer dans cette rivière dans une grotte longue de 8 kilomètres pour seulement une demie-heure. Bon après, je n’ai aucune contre-indication, c’est propre à chacun, pas comme l’autre activité proposée au départ de Puerto Princesa.

Cette activité est une ferme de crocodiles. Encore une fois, toute personne sensible au bien-être animal, je m’adresse à vous. Nous n’y sommes pas allées mais encore une fois nous lisons les critiques sur la toile (ça a un impact considérable sur le tourisme, à tel point que quand je travaillais dans le tourisme, nous-même dépendions de ce genre de site de critiques pour choisir un hôtel ou une activité).

A la fin de la visite de la ferme où on a bien appris le besoin de protéger les crocos (alors apparemment gardés dans des enclos bien trop petits pour eux avec très peu d’eau), il est possible de manger un steak de crocodile. Alors je ne dis pas que pour éliminer tout risque de braconnage, le meilleur moyen c’est de le tuer soi-même, mais c’est un peu ce que j’y comprends.

Si votre rêve ultime c’est de voir un crocodile dans son habitat naturel (vous êtes mon copain parce que c’est l’un des miens), il y a de bien meilleurs endroits (par exemple rendez-vous à Cairns, en Australie, en plus vous aurez l’impression d’être un rescapé d’un endroit ultra hostile entre les araignées, les méduses et les requins entre autres). Imaginons un instant un sanctuaire d’orang-outans où à la fin on peut manger une brochette de bébé orang-outan ? Je dis non.

Donc qu’y faisons-nous, dans ce fameux Port Princessal (je devrais arrêter avec les néologismes) ? Principalement marcher et ce n’est franchement pas vraiment agréable. Non plutôt, quitter ce lieu dès que possible pour partir au nord de la ville.
 Ah oui, le sud est déconseillé par les autorités; donc seul le nord est accessible. Et croyez-moi, le nord lui-même nécessite plus d’une semaine pour vraiment l’apprécier. Direction El Nido. Nous ne nous arrêtons pas en chemin, mais ce n’est pas l’envie qui nous manque alors ça vaut le coup de s’y intéresser.

Vue de El Nido, prise par Aurélie

En réalité, nous sommes assez loin “du nid” lui-même, étant plutôt sur la côté est, près de Sibaltan. Notre “bungalow” est dans un endroit absolument charmant, directement au bord de la mer, parmi les cocotiers (d’ailleurs plusieurs fois on peut entendre les noix tomber), des chiens à volonté, fruits à gogo et plages magnifiques. Y marcher est suffisant, encore un réel sentiment de farniente, si ce n’était pour la pluie et ma fameuse maladie. Car oui, la pluie. Sur tout notre séjour, il pleut quasiment la moitié du temps et pluie est si faible que je voudrais plutôt dire torrent.

Notre bungalow est le violet, prise par Aurélie
Promenade sur la plage devant notre bungalow, toujours Aurélie

L’autre moitié du temps, je contracte une amœbose. Quézako ? Le terme de amœbose, ou amibiase, résonne presque de façon poétique, mais en vérité ça a un rapport avec le domaine fécal. Apparemment, durant mes jours dans ce paradis à l’hygiène douteuse, j’ingère du caca (par accident, je vous rassure) comme Aurélie aime me le rappeler probablement jusqu’à la fin de mes jours. Donc après le “Bali belly” d’Aurélie, nous pensons que ce qu’appellent les locaux avec tant d’excentricité le “Philippine’s belly”. Mais après avoir surmonté mon entêtement qui aurait pu me causer la mort, grâce à Aurélie et Dante, je me rends à l’hôpital (pendant la nuit parce que c’est plus rigolo, les gérants de l’hôtel m’emmènent et on crève en route -je parle d’un pneu-, assez drôle, n’est-ce pas ?).
 Donc amœbose est un parasite qui s’attaque d’abord au système digestif, puis peut monter jusqu’au cerveau. Je suis atteinte de douleur au ventre chaque jour, perds tout appétit et maigris considérablement. Après cinq jours dans ces conditions et des médicaments qui n’ont aucun effet, je suis enfin convaincue que c’est peut-être plus qu’un simple empoisonnement.

Ce n’est pas très courant ceci dit, mais pour l’éviter, voici des rappels de règles quant à l’hygiène :

  • Ne pas manger des légumes crus (rarement lavés)
  • Bien se laver les mains avec du savon et s’il n’y en a pas, trimballez toujours une lotion hydroalcoolique ou des lingettes (anti-écologiques mais pratiques…si vous avez une alternative, “go for it”)
  • Ne caressez pas les chiens errants, exactement le contraire de ce je fais encore à ce jour car ma stupidité n’a de limite qu’à la mort apparemment, en plus ils sont potentiellement porteurs de la rage et un chien qui a la rage est imprédictible (rendu agressif par le virus pour mieux se propager, je vous conseille de lire un écrit sur cette maladie d’ailleurs, très intéressant). Si vous êtes aussi bêtes que moi et décidez quand même d’appâter nos amis à quatre pattes, sortez encore les lingettes magiques après les avoir caressés. 
  • L’eau est douteuse dans cet endroit, alors si comme nous vous voyez de l’eau marron s’écouler du robinet, dépensez un peu plus (pourquoi suis-je limitée dans les neurones ?) et acheter de l’eau potable même pour vous laver les dents.
  • Lors de commande de boisson, demander sans glaçon car ils sont faits avec de l’eau du robinet pour des raisons économiques.
  • PRENEZ UNE ASSURANCE VOYAGE. Pas d’excuse. Pas de petites économies sur ce point. C’est important, on ne rigole pas avec ça. C’est déjà assez douloureux de devoir aller à l’hôpital et stressant dans un pays étranger, alors imaginons le stress sans assurance… Non merci.
Je ne peux pas lui dire “non”

Bref, entre les typhons et les caca-maladies, nous trouvons un peu de temps pour nous promener dans le pittoresque village de Sibaltan et marcher le long des plages. Nous buvons beaucoup de jus de fruits aussi. On ne peut pas en dire autant de la nourriture. Car je voudrais prendre un instant pour parler de la nourriture des Philippines. Je suis désolée pour tous mes amis Philippins (Ali, c’est pour toi), mais très honnêtement, la nourriture est atroce. Au début, elle paraît bonne puis rapidement, le sel est trop présent. Beaucoup trop. Malgré mes demandes sans sel, je crois que ça n’existe pas. Si ce n’est pas le sel, c’est le gras, tout est cuit dans beaucoup trop d’huile pour trop peu de saveur. En fait tout est souvent superlativeux (qu’est-ce que j’ai dit plus tôt…) en ce qui concerne la nourriture. Nous ne prenons plus plaisir à manger, nous le faisons pour survivre seulement.

Cela dit, pour contrebalancer, les Philippins sont très accueillants et amicaux, toujours prêts à rire. Ils sont même ouverts pour parler de la situation de leur pays et du gouvernement, contrairement à d’autres pays d’Asie du Sud-Est (ou même le Japon…).

Ma première photo de nuit !

Manila

Notre dernière halte est Manila, dans la région de Luçon. Cet endroit détient une place toute particulière pour moi car, comme beaucoup d’entre nous, une carte du monde est disposée sur le mur de mes toilettes. Alors j’ai toujours eu le loisir de voir “Luçon” écrit sur la carte, qui est aussi une ville très proche de l’endroit où mes parents habitent en France. Enfant, je me suis toujours dit que j’irai sur cette île. Et bien m’y voilà. Enfin presque. Nous avons moins d’une semaine pour visiter cette île, sauf que la pluie en a décidé autrement. Elle ne s’est pas arrêtée un instant, nous empêchant tout déplacement.

Donc nous ne faisons rien, absolument rien. La ville est laide et polluée. Mais je ne rends pas justice à cette île dont le nord est apparemment montagneux donc intéressant pour tout randonneur.

En bref…

Pour résumer, préparez votre voyage à l’avance. Ce n’est pas le genre d’endroit où on peut juste atterrir et se soucier d’où aller à ce moment-là. Un avion coûte cher et c’est le moyen le plus pratique pour se rendre entre chaque île. En plus les transports publics ne sont pas très développés (scooter, l’ami de l’Asie). Si j’y retourne, ce ne sera pas pour sa nourriture, peut-être pour les rencontres, même si je dois me préparer à me faire arnaquer, encore. Un local nous donne un bon conseil à ce propos, c’est de ne jamais dire que c’est notre première visite dans un pays, comme ça nous sommes censés connaître à peu près le coût des choses et les locaux sont moins à même d’essayer de nous arnaquer.

Oh et, pour quiconque aime pousser la chansonnette, votre peuple est là-bas : un karaoké se trouve dans chaque village, chaque restaurant, chaque quatre murs.

Allez, à la revoyure pour essuyer ce petit échec.

“Viens !” dit l’étoile de mer

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