Europe,  Slovénie

Euroad-trip : La Slovénie, partie 2

Slovenija, partie 2

Deuxième partie de notre roadtrip en Europe, et ici plus particulièrement en Slovénie.

Sur la carte suivante où il faut cliquer sur « ▶️ » sans aucune raison, vous pouvez voir les routes de deux couleurs différentes :

– La route bleue représente les routes empruntées qui correspondent à l’article numéro 1

– La route rouge, elle, correspond à l’article…2, oui. (c’est celui-là)

On dirait le sud

Predjama

La descente vers le sud démarre. Enfin en fait, encore une fois, avec ces si petites distances, nous pouvons dire que nous y sommes déjà. Clairement, le sud du pays est nettement moins touristique que son opposé. Et ça se ressent, nous commençons à peiner à trouver des choses à faire. A cela s’ajoute le fait que nous n’ayons pas envie d’aller vers la côte…

Mais tout de même, Aurélie nous trouve une étape tout à fait alléchante : un château de la renaissance encastré dans une falaise. Pratique pour éviter de se faire envahir de tous les côtés… Enfin, j’imagine.

Pour les petits curieux, j’ai mis en lien la description du château provenant du site officiel. On peut y retrouver des anecdotes fascinantes, comme celle-ci : « Bien que courageux et presque invincible, on raconte que le chevalier Érasme, après avoir été trahi, serait mort aux toilettes ». Éloquent.

Ainsi donc nous rendons nous à Predjama. Première mauvaise surprise, à l’arrivée, le parking est payant. Comme vous le savez, nous n’aimons vraiment pas ces surprises. Nous faisons donc demi-tour pour trouver 100 mètres plus loin un cimetière où il y a beaucoup de place et l’emplacement gratuit. Allez comprendre.

L’entrée est également payante et je ne gâche pas la surprise si je précise que nous n’y entrons pas. L’extérieur est charmant cela dit, nous restons quelques instants là, à l’observer.

Photo d'Aurélie

Hugo qui a aussi visité la Slovénie me vante les mérites d’un superbe point de vue en passant au dessus du château. Nous empruntons donc un chemin dans la forêt. Si je puis me permettre, la forêt est jolie mais je ne dirais pas qu’elle vaut absolument le détour. De plus, peu importe le bord de falaise, nous nous trouvons en fait toujours au-dessus du château, ce qui fait que nous ne le voyons jamais. Nous ne sommes plus à un échec près.

Nous nous arrêtons souvent pour observer des choses. Comme ici grâce à la loupe portable d’Aurélie, où nous examinons des champignons qui poussent sur une petite pomme de pain. Egalement, je sais que vous allez me juger sur les crocus, ils étaient déjà hors du sol, comme vous pouvez le voir à la tige déjà toute flasque.

Vous avez aussi la chance de voir mes cheveux sales.

Photo d'Aurélie

Toutefois, je trouve une espèce d’entrée secrète du château, très difficile d’accès mais mon esprit d’exploratrice est plus fort. Aurélie se fait plus sage. Les feuilles d’automne rendent l’accès encore plus périlleux, mais enfin j’arrive au grillage…cadenassé. Ce n’est pas grave ! Mon imagination fuse et je vois que c’est même une grande entrée dans la grotte, j’imagine des scénarios de fuite soudaine, de passage secret en cas d’attaque… Mais n’est-ce pas aussi justement un peu risqué ? Les envahisseurs peuvent eux aussi trouver cette entrée, non ? 

J’ai dû mal comprendre ce que m’a indiqué Hugo (ou sinon c’était un plan machiavélique pour que je tombe dans les cachots !).

Bref, nous rebroussons chemin et nous concluons avec des douceurs locales : le Kremna rezina, dessert typique de Bled et le Prekmurska gibanica, les deux étant des sortes de millefeuilles, le premier à la crème et le second façon strudel aux pommes (liens en anglais, mais il y a des photos). Tous deux délicieux.

Photo d'Aurélie : Krema rezina
Photo d'Aurélie : Krema rezina
Photo d'Aurélie : Prekmurska gibanica
Photo d'Aurélie : Prekmurska gibanica

Pendant que je parle sucrerie, l’un des desserts les plus connus, si ce n’est le plus connu, se prénomme Potica. Et ce n’est pas bon. Voilà, voilà !  Disons que c’est relativement sec et nous pensons à la base que c’est un roulé au chocolat, mais quelle ne fut pas notre déception quand nous réalisons que ce sont en fait des raisins….

Potica (comme un roulé aux raisins mais pas bon)
Potica

Enfin, même si nous n’y sommes pas entrées, sachant qu’à seulement 9 km de là se trouvent les grottes de Postojna dans la ville portant le même nom (les visites sont déjà fermées quand nous arrivons devant l’entrée des grottes). 

Photos d'Aurélie ; un point de vue de la ville de Postojna

A la recherche de la forêt primaire

Une étape super excitante pour Aurélie et moi-même est cette forêt primaire, inscrite au Patrimoine mondial de l’UNESCO et également réserve Natura 2000 ! L’Europe est vraiment un très mauvais exemple quant à ses forêts et une forêt primaire est l’un des environnements les plus sains et les plus essentiels, surtout quand on voit la situation actuelle. Que l’on soit d’accord, c’est important pour la suite, on appelle forêt primaire une forêt vierge de toute activité humaine depuis le début de son histoire.

Photo d'Aurélie : vue d'en bas sur la canopé
Photo d'Aurélie

Petit aparté : la reforestation, c’est bien quand c’est bien fait (et c’est reparti). Quand on respecte le type d’arbres plantés. On ne peut pas faire n’importe quoi et c’est là où je dis que c’est l’un des environnements les plus sains : une forêt primaire est celle qui est la plus à même de conserver le CO². Une forêt où l’on plante n’importe quel type d’arbre, souvent des arbres comme des acacias, le CO² est retenu seulement pour 10 ans, puis ils relâchent tout dans l’air… Ce qui est en fait pire ! Je joins un lien venant de futura sciences pour appuyer mes propos et je joins aussi l’émission de France culture que j’ai entendue à la base. En fait, « reforestation » est aujourd’hui plus un argument marketeux qu’un réel bienfait pour l’environnement.

Borovec pri Kočevski Reki, ou La forêt primaire (ou pas)

Ces forêts sont l’habitat de l’animal-emblème national, l’ours brun. Aurons-nous la chance de le croiser ? La Slovénie se vante de compter 14 forêts primaires sur son territoire.

Bien que nous sommes descendues dans le sud, le froid et notamment le vent s’installent de plus en plus, notre café met désormais véritablement une heure à chauffer. Ce n’est pas une façon de parler. C’est donc un peu tard que nous partons à la recherche de cet écrin de nature préservée.

Alors, je ne sais pas ce que nous faisons ou ne faisons pas, mais nous tournons autour de Borovec pri Kočevski Reki, qui selon nos recherches serait là où se trouve l’une des fameuses forêts mais alors notre GPS nous emmène chez un particulier. Ensuite, nous retournons dans le mini-village (enfin je dis mini-village mais la municipalité est quand même sur Wikipédia) que nous venons de passer où des panneaux se trouvent. Ils expliquent bien quelque chose en rapport avec des forêts, mais rien de franchement très précis.

Peut-être est-ce normal que ces forêts soient difficiles à trouver, si elles doivent être indemnes d’intervention humaine ?  

Bref, pour tenter une dernière fois, nous continuons sur un chemin, au hasard. Nous trouvons le début d’un sentier en continuant sur un chemin en terre. Au moment de nous garer, l’habitant de la ferme d’en face arrive. Il vient nous parler de ses vaches et nous explique que pour nous promener dans la forêt, il faut traverser son champ.

Encore une fois, il est difficile de savoir si cette forêt est primaire ou non, mais toujours est-il que nous voyons un panneau expliquant que nous sommes bien dans une réserve Natura 2000. Je doute fortement qu’elle soit une forêt primaire puisqu’elle est clairement empreinte d’activité humaine. Cela reste une balade en nature bienvenue, de plus, une fois arrivées en haut du Mont Krempa (je crois), la vue sur la vallée est assez incroyable. Nous devons écourter notre marche puisque nous avons d’autres plans.

Une montagne sur la droite, puis des arbres à perte de vue traversé par des rayons de soleil
Des arbres à perte de vue

Cela dit, sur le parking, nous voyons deux espèces d’oiseaux dont une que je ne connais pas : le pinson du nord, noir et feu. L’autre espèce est le Serin Cini, aussi très beau.

Pinson du nord : col orangé et nuances noires sur le dos
Pinson du nord
Serin cini
Serin cini
Željne jame

Il est encore difficile de trouver des choses à faire et franchement nous avons tellement épluché les sites pour voir ce qu’il y avait à faire que si Internet était un artichaut (bah quoi ?), le cœur serait déjà entamé (une vraie poète).

Mais je trouve cette grotte dont la description vend franchement du rêve. Je vous en fais une traduction grossière et super raccourcie car le site est encore en anglais mais on peut y lire par exemple : « plongez dans le monde souterrain empli de mystères, un voyage au temps des chaussures (okay, c’est censé être chasseurs mais en l’écrivant, je me suis quelque peu trompée et je trouve ça rigolo) de l’Âge de glace, qui y prenaient déjà refuge autour d’un feu il y a plus de 20 000 ans ». WOW mais courons-y ! Paulo, mets les gaz !

Le parking se trouve en plein dans le village de Željne, dans un quartier résidentiel. Un quartier qui ne nous inspire pas totalement confiance pour être honnête. Nous ressentons peu ce sentiment en Slovénie ; mais là nous sommes mal à l’aise. Nous sommes accueillies par des aboiements de chiens TRES féroces, des oies piaillent dans tous les sens et les habitants leur somment de se taire sur un ton pas super chaleureux. Nous décidons quand même de tenter le coup… Ce site est quand même touristique, il ne nous ferait pas prendre de risque quand même.

Pour se rendre à la grotte, il faut d’abord traverser une forêt. C’est amusant car la forêt est assez dense, mais nous sommes encore dans le village. Plus nous nous rapprochons de la grotte et plus nous commençons à distinguer des bruits qui nous inquiètent encore plus : de la musique forte et des jeunes rires. Là, clairement, nous faisons demi-tour, courant à moitié pour rejoindre la sécurité de notre habitat et voir si lui-même se sent bien (même pas une égratignure).

Cette journée-là est forte en zoologie, nous voyons aussi un renard vraiment peu farouche : il s’arrête carrément devant nous, pour faire sa petite toilette. Plus tard, c’est une biche qui traverse devant Paulo. Enfin, ce jour sera marqué non par la découverte d’une seule nouvelle espèce mais de deux !  Perchée sur un câble électrique guette-là une Chouette de l’Oural, impressionnante tant elle est élégante qui selon la distribution fuit la France (la France l’a faite fuir… ?)

Chouette de l'Oural
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Il ne faut rien de plus pour me rendre heureuse.

Baza 20

Baza 20 est célèbre pour être le quartier général secret du mouvement Slovène pour la libération nationale entre 1943 et 1944. Si vous vous demandez pourquoi on l’appelle Baza « 20 », sachez qu’il existait auparavant d’autres camps, mais seul celui-là a perduré.

Bien que ce soit un patrimoine intéressant, ça a l’air mal barré pour notre forêt primaire. Ce matin-là, je n’arrive pas à dormir. Pressée de découvrir cette forêt, je décide d’aller faire un petit tour dans les environs. Le peu de temps qu’a duré mon exploration, j’ai la chance d’observer une biche, qui détale quand même plutôt rapidement malgré ma tenue presque digne d’un ninja et bien sûr l’attitude qui va avec ; je m’entends encore laisser s’échapper un léger « ah putain, je viens de marcher dans des orties ! », car oui, je parle toute seule.

Enfin, nous entamons la promenade d’aujourd’hui dans la forêt de Kočevski Rog. Cette forêt qui s’étale sur 500 km² était inhabitée jusqu’au XIVème siècle en raison des conditions météorologiques (#quandonn’estpasTibétains). On retrouve dans cette région les trois prédateurs européens (avant que le lion ne disparaisse lui aussi) à savoir le loup, l’ours et le lynx. C’est une ethnie Allemande qui la première va exploiter les lieux. Plus tard, elle devient le cœur de l’industrie charbonnière du pays… Paie ta forêt primaire ! D’ailleurs, il semblerait que trois forêts de la région sont donc déclarées comme primaires.

Pour ceux qui voudraient en savoir plus et qui parlent anglais (ce n’est pas de ma faute si la plupart des ressources sont en anglais), ce site est assez complet.

Nous suivons les panneaux indiquant certains bâtiments de la Baza 20. Il faut admettre que s’imaginer au moment de la Seconde Guerre nous secoue un peu. Notamment quand nous visitons l’Hôpital Jelendol. Nous commençons des discussions sur la Résistance. C’est donc le cœur un peu lourd que nous continuons.

La forêt est dense, c’est très appréciable d’y passer du temps, mais nous entendons de nombreux travaux forestiers.

Chemin bordé d'arbres
Photo d'Aurélie
On peut y lire 'Complete prison 7:30 - 17:00 Saturday, Sunday, partial prison"
Traduction automatique offerte par les services de Google via le portable d'Aurélie au gré de nos péregrinations... Prison complète de 7h30 à 19h... Pas très rassurant ! Le week-end c'est un peu mieux quand même, seulement de la prison partielle.

Pour naviguer, vous savez déjà que je refuse d’utiliser Google. Mais cela donne parfois des itinéraires drôles, des chemins souvent en terre battue, des passages non-existants…On va pas se mentir, les applications que j’utilise ont leur défaut. Pour ma défense et honnêtement, Aurélie qui elle utilise Google, il n’a pas été sans se perdre. Bref ! Je m’égare, j’utilise donc entre autres Mapsme, que de nombreux voyageurs connaissent car cette application a l’avantage d’être utilisable hors-ligne. Et sur le chemin que nous empruntons, je repère deux grottes, qui portent même des noms ! Toutefois, nous tournons autour, passons par des chemins qui n’en sont pas, mais nous ne trouvons jamais ces grottes… Pour les connoisseurs, la grotte s’appelle Brezno pri Gorbiscu, donc si quelqu’un a des informations, s’il-vous-plaît, éclairez ma lanterne !

Grič pri Klevevžu

Nous n’avons toujours pas abandonné l’idée de sources chaudes. Et enfin, ENFIN ! La seule existante que nous avons testé pour vous est celle de Dolenjska. Un timide 24°c, qui n’est pas suffisamment chaud pour la température alentour qui doit être près de 0°c, mais c’est tout de même un magnifique endroit. Et puis franchement, vu notre état, ça fera l’affaire !

A proximité se trouve un château et le village est franchement mignon.

A la conquête de l’Est

Dans l’est, on y trouve le Maribor, qui rime avec mort. Calmez-vous, je plaisante. Je sais, c’est violent, mais il faut avouer que niveau tourisme, niet ! Tout n’est que champs de monoculture, qui ont le don de me hérisser le poil tant je trouve ce paysage laid et triste.

Tout comme le paysage laid et triste de ma chevelure
Tout comme le paysage laid et triste de ma chevelure, mais pas comme ce chien trop choupi poupi !

C’est également là que Paulo décide de se mettre en arrêt, littéralement. Alors que nous roulons tranquillement à 90 km/h sur une deux fois deux voies, Paulo s’éteint. Nous échangeons un regard de panique avec Aurélie. Rapidement je tourne la clé pour éteindre le moteur puis la retourne et il se réveille. Heureusement ! Cela occasionne quand même des interrogations : devrions-nous continuer le voyage ? Surtout que nous avions décidé plus tôt de pousser les tribulations jusqu’en Allemagne pour éviter l’Italie. Sur les conseils de mon paternel, nous décidons de poursuivre l’aventure, en échange d’avoir à « pomper » tous les matins ledit Paulo (je n’ai plus les termes techniques en tête, il faudra donc vous contenter de ça).

Mais alors que nous ne trouvons rien digne d’intérêt (pour nous et à défaut de n’utiliser qu’internet), nous nous rendons dans la ville de Laško, qui se trouve être aussi le nom de la marque principale de bière du pays, que nous chérissons, surtout Aurélie. Un passage y était donc obligé, aussi en hommage à notre hymne (remplacez « Moskau » par Laško).

Laško

Enfin, nous ne visitons pas la ville car nous arrivons de nuit. Nous y prenons simplement le MEILLEUR hamburger (AMERICAN BURGER) de notre vie évidemment accompagnés de… LAŠKO LAŠKO !

Velenje

Lancées dans la lancée de ce traitement particulier de nos désirs les plus intenses, nous sommes désormais à la recherche d’un massage. Il est vrai que nous aimons beaucoup Paulo, mais y dormir commence à relever du défi, emmitouflées dans nos duvets sous la couette, nageant quasiment dans la condensation. De plus, nous n’osons pas tellement bouger la nuit de peur de donner un coup de pied dans l’autre.

Vous l’aurez compris, nous avons besoin de nous nous chouchouter. Nous trouvons donc un centre de massage à Velenje. Pour y arriver, nous passons par beaucoup de villes industrielles.

Velenje elle-même est laide. Enfin, subjectivement parlant, bien entendu, nous haïssons le paysage industriel. C’est la 6ème plus grande ville du pays (wahou, considérant le fait que Ljubljana était loin d’être impressionnante de par sa taille, ça en fait donc un… petit hameau de 24 000 habitants).

 

Le « centre » de massage se trouve en fait dans un appartement particulier. Le massage nous fait du bien, mais ce n’est clairement pas le meilleur de notre vie (comment rivaliser avec les massages que nous nous sommes offerts en Asie ?).

C’est à cette étape que s’achève notre périple en ce beau pays, le reste n’est que de la conduite. La Slovaquie gardera une très belle place dans notre coeur, dont la nature est sublime et sauvage (mais sa nature primaire est difficile à trouver), les gens gentils et de la bonne bière !

La suite ne devrait trop tarder, suite qui se passe en Autriche ! Qui l’aurait cru au départ de ce voyage… Pas nous.

PS : Je l’ai fait exprès pour le nom du pays, hein 🙂 Bande de galopins, je sais que vous vouliez me pointer mon erreur.

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